Test : Call of Duty 4 Modern Warfare
Xbox 360
 
 Editeur : Activision
Développeur : Infinity Ward
Site officiel : Callofduty.com
Vidéos : rubrique vidéos
Date de sortie : 9.11.2007
Achat : Amazon.fr, CeDe.ch
  
 

Langue : français
Joueur(s) hors ligne : 1 à 4 (1 à 24 en LAN)
Xbox Live : jouable et téléchargements
Joueurs en ligne : 2 à 18
Age recommandé : dès 16 ans

 

 

Le Sergent " Soap " MacTavish fait partie des S.A.S, unité d'élite de l'armée britannique. Paul Jackson, lui aussi sergent, est un membre du corps des Marines. C'est au travers des yeux de ces deux trouffions, de ces deux cibles mouvantes lancées dans des conflits qui les dépassent de très loin, que le joueur parcoure ce nouveau Call of Duty. Multiplicité des points de vue et des théâtres d'opérations, on retrouve rapidement, après quelques minutes de jeu et un avant-générique digne des James Bond (l'assaut d'un cargo secoué par la tempête), un des points forts de la série. L'immersion, véritable leitmotiv dans tout bon Call of Duty, est toujours de la partie. Mieux que ça, elle est totale, dès les premiers instants de jeu. L'assaut de ce fameux cargo, au sein d'une petite escouade S.A.S, se déroule en quelques minutes seulement, mais quelques minutes qui laissent le temps au joueur de se dire qu'il est bien dans un Call of Duty, même si ces ennemis ne crient plus " Granaten ! " ou encore " Kommunisten ! ". Impression qui se verra confirmée tout au long des deux campagnes parallèles qui finiront par se rejoindre (l'une mettant aux prises les S.A.S avec des ultranationalistes russes, l'autre les Marines avec des armées putschistes moyen-orientales dirigées par un certain Al-Asad).

Le gameplay n'a changé que d'un petit iota. Le coup de crosse a été remplacé par un coup de couteau bien plus mortel, mais pour le reste, exception faite des lunettes de vision nocturne (peu développées lors de la Seconde Guerre…), rien n'a changé, et on ne s'en plaint pas. Une gâchette pour tirer, une pour zoomer, une petite gâchette pour les grenades explosives, l'autre pour les grenades flash (oui, vous avez deviné, elles remplacent les fumigènes de l'époque), un bouton de saut et trois positions (debout, accroupi et couché), c'est du classique hyper efficace. Ajoutez à cela la possibilité de sprinter en appuyant sur le joystick et vous aurez la recette habituelle légèrement assaisonnée pour être plus moderne.
Les missions se déroulent toujours de manière très linéaire. Les environnements étant relativement vastes, on n'avance pas dans des couloirs, mais on n'en est pas très loin. Généralement, le seul choix d'itinéraire repose sur un très léger doute entre prendre le passage de droite et celui de gauche. Mais peu importe, Call of Duty axe sa mise en scène sur l'explosivité et la surprise, garantie par des scènes scriptées toujours aussi nombreuses mais ô combien immersives. Au milieu d'une troupe qui ne cesse de se régénérer quand un de vos acolytes passe du statut de vivant à KIA (tué au combat en français), vous affrontez des armées ennemies tout aussi fournies, voire plus. Si le joueur ne prend pas son courage à deux mains et n'avance pas, la situation reste souvent bloquée, les ennemis campent sur leurs positions et se voient renforcés régulièrement. Une incitation à l'action des mieux pensées donc. Les armes d'il y a soixante ans ont été remplacées par les outils dont ont maintenant l'habitude tous les fans de FPS : fusils d'assaut, fusil sniper, lance-grenades, AK-47 ennemi, lance-roquettes, tous les grands classiques du genre répondent présents. En quelques secondes seulement, on devient un véritable expert du maniement de ces faucheuses modernes.

Graphiquement, on a fait un nouveau saut en avant depuis l'année dernière et la campagne 39-45. Ce sont d'abord les animations, principalement des alliés, qui font plaisir à voir. Admirer la team dont on fait partie prendre d'assaut un immeuble, se cacher derrière les bottes de foin d'un champ russe ou encore répondre à une embuscade de manière si fluide, c'est un vrai bonheur. Un peu comme jouer à des séquences d'un Rainbow Six ou d'un Ghost Recon, mais sous adrénaline tant l'action est plus rapide (et donc sans doute plus proche de la réalité). La modélisation des soldats a gagné en détail, et cela aussi du côté ennemi (même si ses représentants se ressemblent tous), parfois un peu négligé par le passé. Les décors, moins bucoliques que ceux des deux précédents épisodes, sont tout de même fort riches et proposent un éclairage de haute facture qui plonge un peu plus dans l'action. Et comme toujours, ils nous font voyager, alternent missions de jour et de nuit et recèlent plein de bonnes surprises. Seul petit point faible, certaines textures, pas franchement top. On justifiera cette faiblesse par l'orientation du jeu, qui ne laisse que peu de répit au joueur et donc peu de temps pour aller vérifier que la texture de la barricade derrière laquelle il se cache est aussi fine que possible. Quelques légers bugs, comme des étincelles qui apparaissent du mauvais côté d'un mur, sont encore à signaler. Des broutilles cependant compte tenu de la qualité graphique globale, qui fait peut-être bien de Call of Duty 4 le plus beau FPS de guerre jamais vu.

Les deux campagnes proposées varient bien les plaisirs. Plus orientée action chez les Marines que chez les S.A.S (comme le symbolise la manière d'ouvrir - ou de défoncer… - les portes), elles garantissent des séquences de jeu dans lesquelles on est lâché dans des batailles immenses et d'autres, où il s'agira plus de ruser. On mentionnera comme exemples la mission d'escorte d'un tank pour les Marines ou l'exfiltration d'une région agricole russe pour les S.A.S, contraints d'éviter les patrouilles - pas éternellement rassurez-vous - et le faisceau lumineux projeté par un hélico ennemi. Comme d'habitude, certaines missions resteront gravées dans la mémoire du joueur tant elles l'immergent et l'obligent à faire preuve de talent, d'héroïsme et de chance parfois. On a particulièrement goûté la mission flash-back se déroulant en Ukraine peu après la catastrophe de Tchernobyl, entièrement dédiée à l'infiltration, au tir de précision puis à l'exfiltration tendue d'un coéquipier mal en point ainsi que l'épilogue, très aérien. Ou, plus classique pour la série, les séquences qui imposent à notre escouade la défense d'une zone, d'un secteur, d'une colline face à des troupe surnuméraires, toujours jouissives. C'était la grande force de Call of Duty, cela reste l'atout majeur de ce quatrième volet. Et la guerre moderne permet de faire encore plus fort dans la surenchère explosive (les charges d'hélicos qui vous survolent, les roquettes ennemies - très nombreuses - qui fusent au milieu des combats…). On ne regrette pas d'avoir quitté la Seconde Guerre Mondiale pour des conflits plus récents, même si le jeu perd un peu de l'humour et du chachet particulier à la série, la faute à une orientation plus sérieuse et qui prend moins de distance avec la guerre.

Beaucoup de joueurs ont pu observer ces derniers jours, un exode massif dans leur liste d'amis vers le titre d'Infinity Ward. La raison est simple, COD 4 sur le Live est une petite bombe! Même si les idées ne manquaient pas dans COD 3, comme la possibilité d'utiliser toutes sortes de véhicules, le jeu en réseau s'était vite essoufflé. Ici les sensations de jeu sont proches voire supérieures au second volet de la série, ce qui en ravira plus d'un. Comme tout le monde, vous faites vos débuts en tant que soldat première classe. Afin de grimper dans la hiérarchie militaire, vous gagnez des points d'expérience en enchaînant les parties, pas moins de 35 000 points sont nécessaires pour atteindre le plus haut grade, celui de Général. COD 4 propose six modes de jeu bien distincts et intéressants destinés au Xbox Live, dont les classiques mode Deathmatch, rebaptisé ici "mêlée générale", et Deathmatch par équipe. On retrouve également le très bon mode QG, où le but est d'occuper et de défendre le plus longtemps possible sa base aléatoirement définie, enfin s'ajoutent les modes Sabotage, Recherche et Destruction, et Domination. Bon à savoir pour les plus ambitieux mais impatients d'entre vous, vous gagnez des points d'expérience plus rapidement selon le mode de jeu choisi, le QG par exemple. A force de prendre du galon, plusieurs options s'offrent à vous : la possibilité de créer ses classes persos (cinq au total), de se donner un nom de clan (idéal pour ne pas modifier son Gamertag), ou encore de débloquer des "défis immédiats" à réaliser. Les défis consistent à remplir en cours de jeu un objectif donné, en vue de gagner des EXP, et de débloquer de nouveaux accessoires pour customiser ses armes. Concernant les maps, il en existe une quinzaine, ces dernières sont variées et bien pensées pour se battre en toute convivialité, en fonction du nombre de joueurs (jusqu'à 18 en ligne, et 24 pour les parties en LAN). Bref, ce Call Of Duty risque fort de devenir le jeu le plus joué sur le Live dans les semaines à venir, tellement il est prenant.

Call of Duty 4 n'a que peu de défauts. Il faut tout de même en mentionner deux. Le premier, totalement objectif, c'est sa durée de vie, franchement trop légère pour un titre de cette qualité (comptez six-sept heures dans le troisième niveau de difficulté - sur quatre). Sachant que le jeu était déjà en développement avant la sortie de Call of Duty 3, on était en droit d'attendre plus d'heures de plaisir (certes quasi ininterrompues tout au long de la campagne) pour notre argent. Le mode arcade, qui permet de rejouer les missions avec un sytème de points, n'apporte rien de vraiment substanciel. L'autre défaut, plus personnel, c'est la tendance parfois trop réaliste de ce titre. Pas lors des affrontements classiques, lors desquels, malgré des graphismes de plus en plus proches d'un rendu photo réaliste, on fait encore clairement la différence entre réalité et jeu, d'autant plus que la franchise Call of Duty fait dans la surenchère spectaculaire. Là où on est plus gêné par ce que l'on voit ou joue, c'est lorsque, par exemple, on assiste à l'explosion d'une bombe nucléaire dans une cinématique, ou, encore plus dérangeant, cette séquence de jeu qui nous met aux commandes des canons d'un AC-130, avion qui survole le territoire ennemi de très haut. Il s'agit alors d'aligner les cibles ennemies sans le moindre risque, si ce n'est celui de descendre des alliés involontairement, ce qui arrive souvent tant ils sont durs à distinguer puisque l'on fait tout cela avec une vision nocturne. Les dialogues qui accompagnent la séquence rappellent également fortement certaines actualités récentes, par exemple quand le pilote, par message radio, dit qu'il ne sait pas trop où se trouvent les cibles (" euh… par là je crois… ah, non… "). Et pendant ce temps, le joueur est invité à canarder tout ce qui bouge. On se serait passé volontiers d'une telle séquence (reprise dans le générique de fin), que les développeurs ont pris soin de placer en Russie et pas au Proche-Orient, le rapprochement ayant été trop rapide avec ce que l'on a pu voir sur CNN et consorts il a quelques mois ou années. Un bémol en guide d'avertissement, donc.

Mais malgré cela, Call of Duty 4 se révèle être une suite de très grande qualité. La franchise fait d'ailleurs partie des rares qui se voit enrichie d'un nouveau volet chaque année depuis quelques temps, et toujours au top de la qualité, technique et ludique. Immersion, graphismes de folie, son toujours aussi prenant (les explosions assourdissantes, les missiles qui fusent, les balles qui sifflent), tout est en place pour que le joueur traverse cette nouvelle campagne, modernisée, de la manière la plus captivante possible et sans temps mort surtout (tous les FPS ne peuvent en dire autant). Les afficionados du Live compenseront la durée de vie faiblarde dans des affrontements potentiellement infinis contre d'autres intelligences humaines, les autres rageront jusqu'au prochain épisode, qu'ils attendent sans doute déjà, tant les Call of Duty peuvent être addictifs.


Sam Fisher (Nikkos pour le multi) - 18.11.2007


 
LES PLUS
LES MOINS
 
 

Immersion totale
Un bon renouvellement
Graphismes au top
On retrouve l'esprit CoD
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Trop court!
On dirait que l'on regarde Fox News...
Assez linéaire
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Technique :
 
Graphismes :
Son :
Jouabilité :
Durée de vie :
 
Note : 8/10